La Vie Parisienne
ACTE I
Une gare parisienne pleine de voyageurs perdus et d’employés affairés,une brochette de quémandeurs, un zeste de gandins décalés et de demi-mondaines rouées, un arrivage tonitruant d’étrangers impatients de conquérir ce Paris mythique et d’y dépenser leur argent. Parmi eux un couple de nobliaux suédois, le baron et la baronne de Gondremarck, et un Brésilien sans scrupules…Gardefeu, vicomte oisif moyennement fortuné est venu attendre sa nouvelle maîtresse, la courtisane Métella. Sur le même quai et pour la même raison le joyeux Bobinet, dragueur sans fortune, est également venu attendre. La belle apparaît bien, mais au bras d’un troisième homme… Voilà l’acte 1 de cette Vie parisienne vue par le trio «infernal» Offenbach, Meilhac et Halévy.

ACTE II
À l’acte II, Gardefeu déçu par le « lâchage » de Métella a jeté son dévolu sur la belle baronne et va tenter d’écarter le baron. Il a emmené le couple chez lui, lui faisant croire qu’il était au Grand Hôtel. Nous retrouvons tout un petit monde d’immigrés juifs allemands (situation qui sera totalement gommée dans les versions de la Vie parisienne adaptées après 1870) invité par Gardefeu à une table d’hôte exigée par le baron venu «s’en fourrer jusque-là».
Les invités font éclater une joie de vivre bon enfant tout en s’amusant aux dépens du baron éberlué mais au fond amusé…
Cependant, particulièrement dans les relations entre Métella revenue bien vite s’expliquer chez Gardefeu, mais surtout dans celles, ambiguës, du bottier Frick et de la gantière Gabrielle, il flotte dans cet acte une atmosphère sous-jacente de plaisirs plus ou moins interdits… Bagues, bracelets, colliers d’un côté et, de l’autre, la botte, le gant, le cuir, la peau…
ACTE III
À l’acte III, l’ambiance est tout autre. Dans un hôtel particulier bien pensant, notre baron suédois, persuadé d’être invité dans le «grand monde parisien», sera l’objet des moqueries et des mystifications d’une maisonnée moqueuse et impitoyable… Bobinet, pour permettre à Gardefeu de rester seul avec la baronne, a organisé une fête de nuit en l’honneur du baron, mais sans vrais invités, rien que des domestiques déguisés. Poussés par Bobinet, avec Pauline à leur tête, les domestiques vont se livrer à une parodie dudit « grand monde » et entraîner le baron dans une fête alcoolisée où tout « tourne, tourne, tourne »…
INTERTABLEAU
À l’intertableau, la baronne revenant de l’opéra reçoit une lettre de Métella qui lui dévoile la situation. Elle va se venger autant de Gardefeu que de son mari qu’elle pense infidèle…

ACTE IV
À l’acte IV, nous sommes au bal masqué et les masques tombent ! Tout le monde se «déboutonne» y compris Métella qui se découvre encore amoureuse de Gardefeu. Et après tout, pourquoi ne pas jouir de cette ville superbe, de ce Paris lumineux et pour certains heureux… Restons joyeusement inconscients : «Oui voilà, voilà la vie parisienne» et ayons donc le «feu partout» ! Dans peu de temps nous serons en 1870 qui sonnera la fin de l’empire de Napoléon III et le désastre…